OpenAI Sora éteint son app et son web, l’API tient jusqu’en septembre
OpenAI ferme aujourd’hui 26 avril 2026 les portes grand public de Sora, son générateur vidéo lancé en application autonome au quatrième trimestre 2025 : l’app iOS, l’interface web sora.chatgpt.com et le compte Sora cessent toute activité consommateur, et les utilisateurs ne peuvent plus que télécharger leurs générations via la page d’export jusqu’à ce soir. La Sora API reste, elle, accessible aux développeurs jusqu’au 24 septembre 2026, le temps de migrer les intégrations existantes vers d’autres modèles vidéo — OpenAI cite officiellement Veo, Runway et Luma comme alternatives. Le motif assumé par OpenAI dans son communiqué du 24 mars est la réallocation de calcul vers la simulation de monde pour la robotique, mais les chiffres qui ont fuité depuis donnent une lecture moins romantique : 2,1 millions de dollars de revenu cumulé depuis le lancement contre 15 millions par jour de coûts d’inférence, et une base d’utilisateurs actifs qui aurait fondu d’un million à moins de 500 000 en quatre mois. La sortie est aussi un mouvement humain : Bill Peebles, cocréateur du modèle, a quitté OpenAI le 17 avril, en même temps que Kevin Weil et Srinivas Narayanan, et l’accord de licence Disney annoncé en décembre 2025 a été rompu en même temps que l’app. Pour les studios qui orientaient une partie de leur veille vers Sora — storyboards animés, mood reels, premières maquettes de direction artistique d’album en mouvement —, le 26 avril marque la fin nette d’un produit qui aura tenu sept mois en grand public.
L’extinction de Sora n’a rien d’une humiliation pour OpenAI : c’est l’aveu — tardif et limpide — qu’une boîte de recherche ne pilote pas une app vidéo consommateur dans le même souffle qu’un modèle de langage. Sora 2 est sorti en janvier en pleine guerre de prix avec Veo et Kling, sans la culture publiée d’une équipe produit qui sait écouter ce que font les utilisateurs — résultat : un outil techniquement remarquable, économiquement intenable, et discrètement abandonné au moment exact où OpenAI choisit de pousser l’app ChatGPT Images 2.0 à la place.
L’histoire que cette extinction raconte est plus large : la phase expérimentale de la vidéo IA grand public se ferme, et la suite se jouera entre acteurs verticalement intégrés — Google avec Veo dans Gemini et Vids, Adobe avec Firefly Assistant, Runway en pure player. Pour la pratique de studio, la conséquence concrète est qu’il faut renoncer à l’idée d’un « outil universel » et accepter une grappe de modèles spécialisés assemblés par couture, exactement comme on fait depuis quinze ans en post-prod son ou en motion design.