Music v2 d'ElevenLabs introduit le changement de genre en cours de morceau, la réécriture par section et un entraînement sur données sous licence
ElevenLabs a lancé le 27 mai Music v2, mise à jour majeure de son modèle de génération musicale, capable de basculer de genre au milieu d'un même morceau — de l'opéra au métal et retour — sans perdre la cohérence de la voix. La fonction phare est l'inpainting par section : on sélectionne un pont, un couplet ou un refrain et l'on régénère ce seul segment sans toucher au reste du morceau. Le modèle compose désormais section par section, permettant de bâtir intro, couplets et refrains indépendamment avant de les assembler. ElevenLabs insiste sur un point qui le démarque : Music v2 a été entraîné exclusivement sur des données sous licence et dégagé pour un usage commercial, à rebours de Suno et Udio, toujours visés par des poursuites des majors. La sortie s'accompagne de baisses de prix allant jusqu'à 50 % sur l'API et 40 % en self-serve, abaissant encore la barrière pour l'artiste autoproduit qui gère lui-même son morceau et la direction artistique d'album qui l'accompagne.
L'inpainting est la vraie nouvelle, pas la bascule de genre. Pouvoir reprendre huit mesures d'un pont sans relancer tout le morceau, c'est faire passer la génération musicale du statut de machine à loterie à celui d'outil d'édition — la même rupture qui a fait basculer l'image quand le masque sélectif est arrivé. Tant qu'on régénérait un titre entier en espérant mieux, l'IA musicale restait un gadget ; dès qu'on retouche une zone, elle entre dans la chaîne de production.
Reste la carte maîtresse, brandie au bon moment : l'entraînement sous licence. À l'heure où Sony attend un arbitrage cet été contre Suno et Udio, vendre la conformité comme une fonctionnalité n'est pas un détail — c'est le terrain sur lequel se jouera la prochaine bataille, bien avant la qualité sonore.