Martin Scorsese rejoint Black Forest Labs comme conseiller et n'emploie l'IA que pour le storyboard de son prochain film
Le New York Times a révélé le 2 juin que Martin Scorsese a rejoint Black Forest Labs comme partenaire et conseiller, l'une des adhésions les plus inattendues d'un grand cinéaste vivant à l'IA générative. Le réalisateur précise qu'il ne s'en sert que pour le storyboard, prolongeant une pratique du dessin préparatoire qu'il mène à la main depuis soixante-dix ans pour transmettre sa vision aux chefs opérateurs et aux décorateurs. L'outil mobilisé est la famille de modèles FLUX, déjà au cœur des fonctions d'image d'Adobe, Canva, Microsoft et Meta, produite par une société de soixante-dix personnes installée à Fribourg et valorisée 3,25 milliards de dollars. Selon Wired, Black Forest Labs avait refusé un rapprochement avec le xAI d'Elon Musk après une collaboration avortée sur le générateur d'images de Grok, par inquiétude sur les garde-fous de contenu de la plateforme. Le cinéaste l'emploie pour la prévisualisation de What Happens at Night, son prochain film avec Leonardo DiCaprio et Jennifer Lawrence.
Que le storyboard soit le point d'entrée de Scorsese n'a rien d'anecdotique : c'est l'étape la moins fétichisée du cinéma, celle où l'image n'a pas à être belle mais juste, et où un modèle qui se trompe vite coûte moins cher qu'un dessinateur qui se trompe lentement. L'IA n'entre pas par la création, elle entre par la logistique du regard — précisément l'endroit où elle sera le plus difficile à déloger une fois installée.
Le détail qui compte tient au refus de Black Forest Labs de travailler avec xAI sur la question des garde-fous : dans un marché où l'on signe avec tout le monde, choisir ses partenaires reste le seul argument crédible quand un nom comme celui de Scorsese vient adosser sa réputation à un modèle.