Le juge du procès Udio refuse d'élargir la plainte de Sony Music
Le juge fédéral Alvin K. Hellerstein a rejeté la requête de Sony Music visant à ajouter quelque 30 000 œuvres prétendument contrefaites à son procès contre Udio, identifiées au terme d'un long marathon de discovery dans les données d'entraînement. Le magistrat estime que cet ajout exigerait « une production et une révision documentaires substantielles » et modifierait matériellement le périmètre d'une affaire engagée il y a deux ans — le procès se poursuivra donc sur environ 300 œuvres. Suno, rival d'Udio poursuivi par Sony et Universal, s'est aussitôt engouffré dans la brèche en soumettant la décision à sa propre cour, où les majors veulent ajouter plus de 60 000 enregistrements à une plainte qui en comptait 560 à l'origine. Son avocate Britt Lovejoy demande au tribunal de suivre le raisonnement new-yorkais et de refuser une extension qui créerait un contentieux « qu'aucun juge ne pourrait traiter seul ». Après deux ans de discovery, Suno réclame « un examen rapide » de sa défense de fair use, attendue cet été devant le juge en chef F. Dennis Saylor dans le Massachusetts.
La décision Hellerstein ne dit rien du fair use, mais elle fixe une règle de gestion : les procès géants se perdent dans leur propre inventaire. En ramenant l'affaire à 300 œuvres, le tribunal force les majors à plaider le principe plutôt que le volume — et prive la stratégie du chiffre de son effet de masse. Pour les musiciens qui attendent une jurisprudence claire, c'est paradoxalement une bonne nouvelle : une décision de fond, rendue vite, sur un périmètre lisible, vaut mieux qu'une guerre d'usure documentaire dont seuls les cabinets sortent gagnants.