IA Bulletin — 24 juillet 2026

L'édition vidéo en direct chez Decart /
La roto assistée dans Nuke /
L'avatar personnel dans Google Vids

Lucy 2.5 édite la vidéo pendant qu'elle se joue

Decart présente Lucy 2.5, un modèle « live » qui transforme un flux vidéo pendant sa diffusion, à 30 images par seconde en 1080p, sans jamais passer par un clip précalculé. La nouveauté centrale s'appelle Self-Anchoring : quelques secondes après le début du flux, le modèle capture sa propre sortie comme image de référence et verrouille ainsi la cohérence temporelle des personnages et des décors. L'outil permet de remplacer un visage, restyler un arrière-plan ou ajouter et retirer des objets pendant que la caméra tourne, épaulé par un moteur VFX dédié aux explosions, à la fumée et au vent physiquement plausibles. L'accès passe par l'API Decart, facturée 0,02 dollar la seconde de flux, la société ayant levé 300 millions de dollars auprès de Sequoia, Radical Ventures et NVIDIA. Après le rendu génératif temps réel sorti des laboratoires, c'est la scène elle-même — concert, plateau, direct — qui devient une surface d'édition.

Note éditoriale

Un modèle qui répond sous la latence d'un geste humain change de catégorie : ce n'est plus un outil de post-production, c'est un instrument de scène. Pour le VJing et la performance audiovisuelle, restyler l'image au prompt pendant le direct rejoint enfin ce que les musiciens font depuis toujours avec le son. La question sérieuse n'est pas la démo — elle est de savoir qui tiendra cet instrument avec une intention, et qui se contentera de l'effet.

Sources : Decart — Lucy 2.5: Raising the Bar for Live AI — TNW — Decart's Lucy 2.5 unlocks new live video effects

SmartRoto plie les splines à la place du rotoscopeur

Foundry publie SmartRoto, un module pour Nuke, NukeX, Nuke Studio et Nuke Indie qui s'attaque à la rotoscopie, tâche la plus ingrate du compositing. Au lieu de générer un matte automatique opaque, l'outil déplace et déforme les splines posées par l'artiste d'une image à l'autre, en suivant le sujet à partir des images clés fournies. Lors de tests menés pendant deux semaines avec des rotoscopeurs professionnels, Foundry mesure un gain stabilisé autour du double de vitesse, avec des pointes à quatre fois sur certains plans. Le modèle est entraîné exclusivement sur des données sous licence, tourne en local et ne transmet aucune donnée vers l'extérieur. L'artiste garde la main sur chaque courbe : l'IA absorbe la propagation, la correction fine reste un geste manuel.

Note éditoriale

La spline est une unité de savoir-faire, pas un artefact technique : elle encode ce que l'œil du rotoscopeur juge important dans un contour. En choisissant de propager ce jugement plutôt que de le remplacer par un masque boîte noire, Foundry prend le contre-pied des solutions de matting automatique. C'est l'assistance bien comprise — celle qui accélère le geste sans confisquer la décision.

Sources : fxguide — Foundry's SmartRoto: AI-assisted roto that aims to work the way you do — CG Channel — Foundry releases new AI-powered SmartRoto add-on for Nuke

L'avatar personnel décroche le premier rôle dans Google Vids

Google déploie dans Vids le modèle multimodal Gemini Omni et une fonction d'avatars personnels construits à partir d'un simple selfie et d'un échantillon de voix. L'utilisateur décrit son clip en langage naturel, ajoute photos ou croquis comme références visuelles, puis retouche le résultat étape par étape sans jamais régénérer la vidéo entière. L'avatar peut ensuite tenir le premier rôle de vidéos originales — un prolongement à l'écran, pour l'artiste qui soigne sa cohérence d'image, du langage visuel d'une pochette d'album. Le déploiement vise les abonnés Google AI Pro et Ultra ainsi que les clients Workspace, en anglais uniquement et réservé aux plus de 18 ans. L'Espace économique européen, la Suisse et le Royaume-Uni restent à l'écart du lancement, prudence réglementaire oblige.

Note éditoriale

L'avatar d'entreprise qui présente des slides et l'avatar d'artiste qui incarne un univers sont deux objets différents fabriqués par la même machine. Le premier économise un tournage ; le second engage une identité — et se juge donc à l'aune de la direction artistique, pas de la productivité. L'absence de l'Europe au lancement rappelle au passage que le corps numérique est désormais un objet réglementaire.

Sources : Google — Create, edit and star in videos with two Google Vids updates — TechCrunch — Google Vids now lets you star in your own AI videos
Magic Bernard, Divine Machine — Studio Takuya
Magic Bernard, Divine Machine — Studio Takuya