L'AI Act impose son marquage aux contenus synthétiques dimanche
Les obligations de transparence de l'article 50 de l'AI Act deviennent applicables dimanche 2 août dans toute l'Union européenne. Tout fournisseur de systèmes générant de l'audio, de l'image, de la vidéo ou du texte synthétiques devra intégrer un marquage lisible par machine dans ses sorties, et les deepfakes devront être signalés à la personne exposée au plus tard à la première présentation. La Commission a adopté le 20 juillet la version finale de ses lignes directrices, moins de deux semaines avant l'échéance — un calendrier que les cabinets juridiques jugent eux-mêmes serré. Point décisif pour les studios : les œuvres manifestement artistiques, créatives ou satiriques — comme l'iconographie d'une pochette d'album — relèvent d'une obligation allégée, la divulgation devant se faire d'une manière qui ne gêne pas l'affichage ni la jouissance de l'œuvre. Aucune rétroactivité pour les médias : les images, sons et vidéos générés avant le 2 août n'ont pas à être marqués, la date de génération faisant foi — seuls les textes d'intérêt public publiés après cette date sont rattrapés par leur date de publication.
La question pratique n'est pas de savoir si le marquage arrive, mais où il se loge : dans les métadonnées des outils, donc chez Midjourney, Google ou Kling.ai, pas chez l'artiste. L'exception artistique est plus généreuse qu'attendu — l'œuvre assumée comme création n'a pas à porter d'étiquette qui la défigure. Reste une zone grise épaisse pour tout ce qui circule détouré, réencodé, réexporté : un marquage machine ne survit pas toujours à un pipeline de production réel.