L'article 50 de l'AI Act entre en application dans toute l'Union
L'article 50 de l'AI Act entre en application ce dimanche 2 août dans les vingt-sept États membres, volet transparence d'un règlement dont l'essentiel des obligations s'active à la même date. Les fournisseurs de systèmes génératifs doivent désormais marquer leurs sorties — image, audio, vidéo, texte — dans un format lisible par machine, et les déployeurs signaler tout deepfake de manière claire et distinguable, au plus tard à la première exposition. L'obligation vaut même sans intention de tromper : un contenu qui ressemble à une personne réelle doit être étiqueté, y compris quand aucun individu existant n'est représenté. Les œuvres manifestement artistiques, créatives, satiriques ou fictionnelles bénéficient d'un régime allégé — la divulgation reste due, mais sous une forme qui ne gêne pas l'expérience de l'œuvre. Les manquements exposent à des amendes pouvant atteindre 15 millions d'euros ou 3 % du chiffre d'affaires mondial annuel.
Quarante-huit heures après le retrait éclair du générateur satellite de Google Earth, le calendrier européen tombe à point : le marquage n'empêchera aucun mésusage, mais il déplace la charge de la preuve. Pour les ateliers, la vraie zone grise est l'exception artistique — où finit l'œuvre « manifestement créative », où commence le deepfake ordinaire. La frontière sera tracée par la jurisprudence, pas par les studios ; autant documenter ses processus dès maintenant.