L'humain en 4D depuis une vidéo de poche
Reconstruire une personne en volume et en mouvement réclamait jusqu'ici un plateau multicaméra ; 4DAnyone, présenté par Ant Research avec les universités du Zhejiang et de Hong Kong, part d'une simple vidéo monoculaire non calibrée et en dérive des vues multiples assez cohérentes pour alimenter une reconstruction en splatting gaussien 4D. Les modèles de diffusion vidéo pilotés par caméra savent inventer une vue plausible, mais décrochent dès qu'il faut en tenir plusieurs dizaines à la fois : les auteurs nomment ce mur le problème du contexte d'attention borné, où le découpage en groupes affaiblit le guidage d'apparence et laisse la structure globale dériver. Deux mécanismes répondent à ces deux fuites, le Reference Context Packing qui comprime les vues déjà produites en un contexte de longueur fixe à coût constant, et le Target Context Routing qui fait tourner la composition des groupes pendant le débruitage — partage large aux étapes bruitées, stabilisation du détail aux étapes fines. L'entraînement combine un jeu maison, MVGameHuman, produit dans le moteur de jeu interne du laboratoire, avec des captations de studio lumineux et des vidéos tournées sans protocole. Les mesures sur DNA-Rendering et DyMVHumans placent la méthode devant l'état antérieur en qualité de vue nouvelle comme en reconstruction finale, avec du code et une page de projet publiés.
Le geste intéressant n'est pas la reconstruction, c'est le renoncement au plateau. Un studio qui filme un danseur au téléphone dans une cour d'immeuble se retrouve, en principe, avec la matière d'un plan tournant impossible à budgéter autrement — et c'est exactement le genre de bascule qui déplace une esthétique avant de déplacer un marché. Reste que les jeux d'évaluation sont des captations propres, corps entiers, lumière contrôlée : le fossé entre le banc d'essai et la vidéo réellement tournée à l'arrache demeure la seule question qui vaille. Le fait que le tout s'entraîne en partie sur des humains de moteur de jeu mérite aussi d'être gardé en tête quand on regarde les peaux et les tissus.