La mémoire de procédures de Designer-RSI
Quatre chercheurs ont déposé le 18 septembre sur arXiv Designer-RSI, un cadre d'adaptation continue dans lequel un modèle frontière laissé gelé pilote un logiciel de design professionnel à travers plus de 230 outils, pendant qu'une mémoire externe de procédures rédigées en langage naturel accumule et affine les gestes qui fonctionnent. Le dispositif ne touche à aucun poids : la mémoire s'élargit en acquérant des procédures pour les sous-tâches récurrentes encore non couvertes, et s'approfondit en révisant les procédures existantes à la lumière de leurs propres exécutions réussies et ratées, un rejeu apparié n'admettant que les modifications qui réparent un échec sans casser ce qui marchait déjà. Cinq tours menés sur 1 406 briefs d'utilisateurs réels et 1 869 trajectoires notées automatiquement, sans la moindre étiquette humaine, font passer la banque de 76 compétences tirées de la documentation à 139, et le taux de réussite d'exécution sur le banc GenEval2 de 72,7 % à 99,3 %. L'agent ainsi nourri l'emporte dans 61,8 % et 67,6 % des comparaisons face à l'agent sans compétences sur quatre bancs d'essai spécialisés, et les deux mécanismes combinés atteignent 58,5 % de victoires sur deux cents briefs tenus à l'écart, contre environ 49 % pour chacun pris isolément. C'est la première fois qu'un travail mesure aussi précisément ce qu'un agent apprend du trafic d'un service de design — des gabarits, des enchaînements de calques, des réglages d'export, tout ce qui compose la maquette d'une pochette d'album autant qu'une affiche ou un habillage de chaîne.
La nouveauté n'est pas le modèle, c'est le carnet. Ce que Designer-RSI capitalise n'a rien d'une intuition esthétique : ce sont des procédures — l'ordre des opérations, les pièges d'un outil, la manière de rattraper un export raté. Exactement ce qu'un studio transmet à un stagiaire en six mois, et que personne n'avait jusqu'ici songé à écrire.
Reste la question du gisement. Ces compétences se raffinent sur le trafic d'utilisateurs réels, c'est-à-dire sur le travail de gens qui ne savent pas qu'ils entraînent l'outil chargé d'exécuter leurs commandes demain.