Sora, code 410
OpenAI a retiré le 24 septembre de son API l'ensemble des modèles Sora 2 — sora-2, sora-2-pro et leurs instantanés datés —, cinq mois après la fermeture de l'application grand public intervenue le 26 avril. Le calendrier avait été notifié aux développeurs dès le 24 mars, sans qu'aucun modèle de remplacement ne figure dans la colonne prévue à cet effet sur la page des dépréciations. Selon les guides de migration publiés ces dernières semaines, les appels à l'API vidéo renvoient désormais une erreur 410, et OpenAI annonce la suppression définitive des données liées à Sora une fois close la fenêtre d'export. Les tarifs, qui allaient de 0,10 à 0,70 dollar la seconde selon le modèle et la résolution, disparaissent avec lui, et les équipes qui avaient bâti des chaînes de production dessus se replient sur Veo, Kling ou HappyHorse, ou sur des modèles ouverts comme Wan 2.2 et HunyuanVideo 1.5. Aucun de ces modèles ouverts ne produit toutefois la piste sonore synchronisée que Sora 2 générait nativement, ce qui impose une passe audio séparée à quiconque choisit l'auto-hébergement.
En février 2024, Sora était présenté comme un simulateur de monde. Trente et un mois plus tard, il s'éteint sur un code HTTP qui signifie simplement « parti, sans adresse ». La trajectoire a quelque chose d'exemplaire : l'outil le plus commenté de sa génération n'aura pas survécu à trois cycles de produit.
Pour qui travaille l'image, la leçon est sèche. Un synthétiseur retiré du catalogue continue de sonner dans l'atelier ; un modèle retiré de l'API ne laisse rien, pas même la possibilité de rejouer un plan pour corriger une séquence. Ce qui a été tourné avec Sora appartient désormais à une époque close, reproductible par personne. Un outil loué n'est pas un outil possédé — et une œuvre qui dépend d'un service fermé dépend aussi de sa date de péremption.