Magnific One et la direction artistique intégrée
Le 8 octobre, Magnific, l'ancienne Freepik fondée à Málaga en 2010 et rebaptisée cette année, a lancé Magnific One, un modèle de génération d'images qui, à partir d'un prompt simple, décide lui-même de la direction artistique avant de produire l'image. Son directeur de l'expérience, Martin LeBlanc, résume le parti pris en observant que la plupart des modèles savent très bien produire l'image décrite, là où Magnific One prétend prendre les décisions qu'aurait prises un directeur artistique. Un Brand Kit est lancé en même temps : il extrait d'un site web, d'un PDF de charte graphique, d'images ou d'une description écrite le logo, la palette, la typographie, les visuels et le ton, qu'une équipe relit et affine avant que le modèle ne l'applique à chaque image, ce qui sert aussi bien une marque que la charte visuelle d'un album. Le modèle est ouvert dès maintenant à tous les abonnés payants, sur le web, dans les applications de bureau et mobiles et via le Magnific MCP, sans tarif communiqué. Magnific revendique plus d'un million d'abonnés payants et plus de 200 millions d'actifs sous licence, mais il s'agit d'un communiqué promotionnel, et les affirmations sur la qualité et l'originalité des images restent à vérifier de façon indépendante.
Un modèle qui prend lui-même les décisions d'un directeur artistique renverse la question habituelle : il ne s'agit plus de savoir ce que l'outil sait faire, mais qui, dans la chaîne, choisit encore. La direction artistique est précisément ce que l'on attendait de la main qui tient l'outil, et la voir livrée en option de série a quelque chose d'ambigu.
Le Brand Kit pose la même question à l'échelle d'une identité : une charte extraite d'un PDF et appliquée à l'image suivante, c'est un goût mis en règle, donc reproductible. Reste à savoir si la direction décidée par le modèle sera celle de la marque, ou celle de la moyenne qui lui sert de point de départ.