Le blackout de Chicago et les étiquettes Apple Music
Le 1er octobre, une vingtaine de musiciens de Chicago ont annoncé, lors d'un rassemblement devant le Chicago Federal Center, un blackout de deux jours les 26 et 27 octobre : ils demandent aux auditeurs de déserter Spotify et Apple Music. Leurs revendications portent sur des garde-fous juridiques contre les copies de leurs œuvres par l'IA, sur une distinction claire entre musique générée et musique humaine, et sur l'exclusion des contenus générés des fils d'écoute. Du côté des plateformes, Spotify a annoncé le 11 août un badge « AI Persona » qui écarte ces profils de ses recommandations, et Apple a indiqué à ses partenaires, le 20 août, que des étiquettes « Made With AI » seront visibles « plus tard cette année ». Ces étiquettes couvrent quatre volets d'une sortie, le morceau, la composition, le clip et l'artwork fixe ou animé, ce qui soumet aussi le visuel de pochette d'un album à la déclaration dès qu'une « part matérielle » vient de l'IA. Le seuil est laissé aux fournisseurs de contenus, sans test chiffré, et la spécification publique présente le champ comme facultatif quand le courrier aux créateurs parle d'obligation : la portée réelle du dispositif reste à confirmer.
Le boycott pèse peu, une vingtaine de voix et deux jours, mais il nomme ce que les étiquettes cherchent à formaliser : le droit de savoir ce que l'on écoute. Pour un graphiste ou un artiste, l'inclusion de l'artwork dans la déclaration d'Apple est la nouveauté qui compte, car la pochette cesse d'être un simple emballage pour devenir une pièce dont la fabrication se déclare.
Reste la frontière de la « part matérielle » : une retouche générative sur une photographie fait-elle un artwork généré ? La réponse décidera de ce que les labels déclareront, et de ce qu'ils tairont.