Udio demande au tribunal de garder sous scellés le « Training Data Number », le volume total d'œuvres ingérées par ses modèles, dans le procès Sony Music
Udio a déposé le 1er juin devant le tribunal fédéral de Manhattan une requête pour maintenir sous scellés ce que ses avocats appellent le « Training Data Number » : le volume total de fichiers audio que Sony Music affirme avoir identifié dans les données d'entraînement de ses modèles. La société ne cherche pas à masquer l'identité des enregistrements concernés, mais soutient que ce chiffre unique permettrait à des concurrents de développer des produits rivaux plus vite et à moindre coût, et d'en déduire sa méthodologie d'entraînement. La manœuvre suit de quelques jours une requête identique de Suno devant un tribunal du Massachusetts, et intervient juste après que Sony a demandé d'ajouter 30 442 œuvres à sa plainte. Le label — dernier des trois majors encore en litige depuis les accords d'Universal et de Warner fin 2025 — n'a d'ailleurs obtenu ce chiffre qu'en inspectant les données dans une salle sécurisée, sur des machines coupées d'internet, sous régime « Attorneys' Eyes Only ». Pendant ce temps, Udio prépare avec UMG et Warner une plateforme licenciée attendue dans l'année, qui porterait le nom de Starstruck.
Le chiffre qu'Udio veut sceller en dit plus long qu'aucun communiqué : dans l'IA musicale, l'avantage compétitif n'est plus l'architecture du modèle, c'est le volume de ce qu'on lui a fait écouter. Quand la quantité d'œuvres ingérées devient un secret industriel à protéger en justice, l'aveu est dans la précaution — on ne met pas sous scellés ce qui n'a pas de valeur.