La vidéo temps réel dans l'orbite d'Anthropic
Anthropic négocie le rachat de la startup israélienne Decart AI pour environ 6 milliards de dollars, selon des informations de Bloomberg parues le 12 août — des discussions encore préliminaires, qui peuvent capoter. Decart s'est fait connaître par deux objets singuliers : Lucy, qui édite un flux vidéo en direct pendant sa diffusion, et Oasis, un modèle-monde qui génère des environnements simulés image par image, sans moteur de jeu. En mai, la société levait 300 millions de dollars avec Nvidia parmi les investisseurs, sur une valorisation proche de 4 milliards — le prix évoqué représente donc un bond de 50 % en moins de trois mois. L'équipe rejoindrait l'organisation inférence d'Anthropic : c'est l'expertise d'optimisation GPU qui est visée, davantage que les produits créatifs eux-mêmes. L'opération serait l'une des plus grosses acquisitions du laboratoire, en amont d'une introduction en bourse largement anticipée.
La génération vidéo temps réel est la frontière la plus excitante pour la scène — VJing, installations, live audiovisuel — précisément parce qu'elle réagit à la latence près. Voir ce savoir-faire absorbé par un laboratoire de modèles de langage pour optimiser de l'inférence dit quelque chose du moment : les briques créatives valent désormais plus cher comme infrastructure que comme instruments. Si Lucy et Oasis disparaissent dans la tuyauterie d'Anthropic, les artistes du direct perdront un terrain d'expérimentation que personne d'autre ne labourait à cette échelle.