Le consentement d'abord chez Believe et TuneCore
Believe et sa filiale TuneCore ne verseront aucun titre dans le corpus d'entraînement de Suno sans l'accord explicite de l'artiste, a déclaré le 16 septembre à Music Business Worldwide leur fondateur Denis Ladegaillerie, huit jours après l'annonce de l'accord de licence entre le distributeur et la plateforme. Le dispositif repose sur un double opt-in : une première case pour accepter que sa musique soit considérée dans des programmes d'IA, puis une proposition au cas par cas, Spotify, YouTube, Suno ou un autre service, avec la possibilité de refuser chacun d'eux séparément. Un artiste qui décline verra ses enregistrements exclus de l'entraînement des modèles v6 et, par conséquent, de tout ce qu'ils produisent, « quitte à ce qu'il y ait moins d'artistes dans les données ». La politique adoptée en avril reste en vigueur : les morceaux issus des anciens modèles de Suno, entraînés sur du contenu non licencié, demeurent bloqués à la distribution, seuls ceux de la génération v6 étant acceptés par Believe et TuneCore. Le distributeur français, qui juge l'IA générative « une opportunité de revenus marginale et une menace marginale », entend capter une part des abonnements de Suno, 300 millions de dollars de revenus annuels récurrents et deux millions d'abonnés payants en février, tandis qu'Universal et Sony restent en procès contre la plateforme.
Le distributeur qui bloquait Suno en avril lui ouvre ses catalogues en septembre, à une condition près : une case à cocher. C'est peu et c'est beaucoup. Peu, parce que la mécanique de l'opt-in fait porter la décision sur des millions de musiciens autoproduits qui n'ont ni juriste ni le temps de lire les conditions ; beaucoup, parce qu'un acteur de ce poids admet pour la première fois qu'un modèle licencié peut se passer d'une partie du répertoire.
La vraie question viendra ensuite : comment mesurer, dans un morceau généré, la part de chaque catalogue pour reverser quelque chose à ceux qui ont dit oui ? Tant que cette arithmétique n'existe pas, le consentement reste un geste symbolique, sincère peut-être, mais sans compteur derrière.