Qobuz et l'étiquette du morceau synthétique
Qobuz a déployé le 24 septembre une étiquette qui signale, au niveau de l'album, les sorties identifiées comme générées par IA, grâce à un mécanisme de détection développé en interne. Selon la plateforme française, ces pistes ne représentent que 0,38 % des écoutes, mais 60 % de ces écoutes sont jugées frauduleuses et exclues du calcul des redevances. Les contenus repérés sont écartés des playlists éditoriales, des nouveautés et des recommandations algorithmiques, tandis que quatre millions de titres sans aucune écoute ont été retirés de la recherche, sans disparaître pour qui tape leur titre exact. Les artistes peuvent contester une étiquette par l'intermédiaire de leur distributeur, là où Deezer et Tidal détectent l'IA côté plateforme et où Spotify et Apple Music s'en remettent aux déclarations volontaires des labels. Comme le badge se pose sur l'album entier, la cohérence d'un projet, du son jusqu'à la présentation visuelle d'un album, devient plus lisible pour un auditeur qui veut savoir ce qu'il écoute.
Le chiffre qui compte n'est pas le 0,38 % mais le 60 % : sur ces pistes, l'écoute relève d'abord de la fraude, un robinet à redevances ouvert par des scripts plutôt qu'une musique entendue par des oreilles. L'étiquette protège autant le catalogue que l'auditeur, ce qui n'a rien d'un jugement esthétique.
Reste la faille de tout marquage : un détecteur maison se trompe, et la contestation passe par le distributeur, maillon que l'artiste indépendant ne choisit pas toujours. Savoir ce que l'on écoute est une bonne question ; savoir qui a dirigé ce que l'on entend en est une autre, que nul badge ne tranche.