Sony Music et les 260 000 retraits de deepfakes
Selon le Financial Times, repris le 5 octobre par Music Business Worldwide, Sony Music avait demandé fin septembre aux plateformes de retirer plus de 260 000 morceaux générés par IA qui imitent ses artistes, dont Harry Styles, Adele, Britney Spears, Queen et Michael Jackson. Le total atteignait 135 000 fin mars, soit un rythme de plus de 20 000 demandes par mois entre avril et septembre, contre environ 10 000 retraits signalés en novembre 2023. Sony demande aussi aux plateformes d'« empêcher que le même contenu ne réapparaisse », mais le FT ne précise ni le nombre de retraits effectifs, ni la rapidité des services, ni la méthode de détection, et les chiffres ne séparent pas les clones vocaux de la livraison frauduleuse de titres sur le profil d'un autre artiste. Pour un artiste dont la voix circule déjà en copie, la sortie authentique se reconnaît aussi à son image, et le visuel d'ensemble d'un album devient un repère de confiance, tandis que Spotify interdit l'usurpation vocale sans accord de l'artiste et teste depuis mars un programme Artist Profile Protection. Le projet de loi américain NO FAKES Act, soutenu par Sony et adopté à l'unanimité par la commission judiciaire du Sénat le 18 juin, ferait dépendre l'exonération de responsabilité des plateformes du retrait des répliques signalées « dès que cela est techniquement et pratiquement possible ».
Le chiffre dit une chose précise : la contrefaçon vocale se traite désormais comme un flux industriel, à raison de vingt mille demandes par mois, et non plus comme une série d'incidents. Pour un artiste indépendant, sans service juridique ni accord avec les plateformes, la protection reste théorique tant que la détection n'est pas décrite.
Le FT ne livre ni méthode ni taux de retrait : l'essentiel de ce qui permettrait d'évaluer l'efficacité du dispositif manque encore.